Calcul bonus malus assurance voiture : méthodes, exemples et simulateur en ligne

Le bonus-malus, ça a l’air simple sur le papier… jusqu’au moment où il faut vraiment le calculer. Entre les coefficients, les années sans sinistre, les accidents partagés, le changement d’assureur… on peut vite s’y perdre.

Si tu veux enfin comprendre comment se calcule ton bonus-malus d’assurance auto, vérifier si ton assureur ne s’est pas trompé, ou simplement anticiper le prix de ta prochaine prime, cet article est pour toi.

Rappel : c’est quoi le système de bonus-malus en assurance auto ?

En France, le coefficient de réduction-majoration (CRM), qu’on appelle couramment bonus-malus, sert à récompenser ou pénaliser ta conduite sur la durée. Il s’applique sur la prime de référence fixée par ton assureur.

En résumé :

  • Tu n’as pas d’accident responsable : tu gagnes du bonus.
  • Tu as des accidents responsables : tu prends du malus.
  • Ton coefficient évolue chaque année à la date anniversaire de ton contrat.

Les règles de base à connaître :

  • Coefficient de départ : 1,00.
  • Bonus maximum : 0,50 (soit -50 % sur la prime de référence).
  • Malus maximum : 3,50 (soit +250 % sur la prime de référence).
  • Un an sans accident responsable = 5 % de bonus (coefficient multiplié par 0,95).
  • Accident totalement responsable = +25 % de malus (coefficient multiplié par 1,25).
  • Accident partiellement responsable = +12,5 % (coefficient multiplié par 1,125).

Ce coefficient s’applique uniquement sur les garanties liées à la responsabilité civile et aux dommages au véhicule, pas sur les options type assistance, protection juridique, etc.

Comment se calcule le bonus chaque année ?

Si tu n’as aucun accident responsable sur une année d’assurance complète, ton assureur applique un bonus de 5 %. En pratique, ça donne simplement :

Coefficient de l’année suivante = coefficient de l’année en cours × 0,95

Exemples d’évolution du bonus :

  • Départ : 1,00
  • Après 1 an sans sinistre : 1,00 × 0,95 = 0,95
  • Après 2 ans sans sinistre : 0,95 × 0,95 = 0,90
  • Après 5 ans sans sinistre : environ 0,76
  • Après 13 ans sans sinistre : tu atteins le maximum, 0,50

Une fois que tu as atteint 0,50, tu ne peux pas descendre plus bas, même avec 20 ou 30 ans sans accident. Mais cela reste très avantageux : tu paies la moitié de la prime de référence.

Comment se calcule le malus en cas d’accident ?

C’est là que ça fait mal. Chaque sinistre dont tu es responsable fait grimper ton coefficient.

Les règles officielles :

  • Accident totalement responsable : coefficient × 1,25.
  • Accident partiellement responsable : coefficient × 1,125.
  • Plusieurs accidents la même année : on enchaîne les majorations (les coefficients se multiplient).

Bon à savoir : les sinistres suivants ne génèrent pas de malus, même s’ils donnent lieu à indemnisation :

  • Bris de glace (pare-brise, vitres…)
  • Vol (sauf faute grave, type clé laissée sur le contact, selon les contrats)
  • Incendie, explosion
  • Catastrophes naturelles
  • Événements climatiques (grêle, tempête, inondation…)

Le malus est plafonné à 3,50. Au-delà, même si tu accumules les cartons, ton coefficient ne pourra pas monter plus haut… mais à ce niveau, l’assurance devient déjà très chère et parfois difficile à trouver.

Méthode pas à pas pour calculer ton bonus-malus

Pour connaître ton coefficient à une date donnée, la logique est la suivante :

  • Étape 1 : partir de ton coefficient de départ (1,00 ou ton CRM actuel).
  • Étape 2 : appliquer les bonus pour chaque année sans accident responsable (× 0,95 à chaque année complète).
  • Étape 3 : appliquer les malus pour chaque accident responsable ou partiellement responsable (× 1,25 ou × 1,125).
  • Étape 4 : vérifier les plafonds (0,50 et 3,50).
  • Étape 5 : arrondir au centième (deux décimales) selon les règles de l’assureur.
Lire  Comment vendre sa voiture avec un malus en cours ?

Une fois que tu as ton coefficient, le montant de ta prime annuelle se calcule comme ceci :

Prime annuelle = prime de référence × coefficient bonus-malus

Exemple simple : prime de référence 800 € ; coefficient 0,76 :

  • Prime avec bonus = 800 × 0,76 = 608 €

C’est ce calcul qui explique pourquoi deux personnes assurées pour la même voiture, chez le même assureur, ne paient pas du tout le même prix.

Exemples concrets de calcul de bonus-malus

Rien ne vaut des situations réelles pour bien comprendre. Voyons plusieurs cas typiques.

Exemple 1 : conducteur sans sinistre depuis plusieurs années

Tu obtiens ton permis et ton premier contrat d’assurance à 18 ans, avec un coefficient de 1,00. Tu conduis sans accident responsable pendant 5 ans.

Calcul année par année :

  • Année 1 : 1,00 × 0,95 = 0,95
  • Année 2 : 0,95 × 0,95 ≈ 0,90
  • Année 3 : 0,90 × 0,95 ≈ 0,86
  • Année 4 : 0,86 × 0,95 ≈ 0,82
  • Année 5 : 0,82 × 0,95 ≈ 0,78

Au bout de 5 ans sans sinistre, tu as un coefficient d’environ 0,78 : tu paies environ 22 % de moins que la prime de référence.

Exemple 2 : un accident responsable après plusieurs années de bonus

Reprenons le cas précédent. Après 5 ans sans sinistre, tu es à 0,78. Malheureusement, tu es totalement responsable d’un choc arrière.

Ton coefficient devient alors :

  • 0,78 × 1,25 = 0,975

L’année suivante, ton CRM repasse pratiquement à 1,00. Tous tes efforts ne sont pas totalement perdus, mais tu remontes presque au niveau de départ. Ce choc sur la prime peut être important, surtout si tu conduis une voiture puissante ou récente.

Exemple 3 : deux accidents dans l’année

Imaginons que tu as un coefficient de 0,90. Cette année-là :

  • Tu es totalement responsable d’un premier accident.
  • Quelques mois plus tard, tu es encore totalement responsable d’un second accident.

Le calcul se fait en deux temps :

  • Après le premier accident : 0,90 × 1,25 = 1,125
  • Après le second accident : 1,125 × 1,25 = 1,40625 ≈ 1,41

Ton coefficient passe donc d’un léger bonus (0,90) à un sérieux malus (1,41). Ta prime peut faire plus que doubler par rapport à une situation avec un CRM de 0,70 ou 0,60.

Exemple 4 : accident avec responsabilités partagées

Tu es à 0,76, et tu es impliqué dans un accident avec partage de responsabilité 50/50.

Tu prends alors un malus de 12,5 % :

  • 0,76 × 1,125 = 0,855

Tu restes en bonus, mais tu perds une partie de l’avantage accumulé. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est important de bien remplir le constat amiable : la notion de partage de responsabilité n’est pas neutre pour ton portefeuille.

Que se passe-t-il quand on change d’assureur ?

Ton coefficient bonus-malus est un élément national, encadré par le Code des assurances. Il te suit d’une compagnie à l’autre. Tu ne “repars pas à zéro” quand tu changes d’assurance.

Lire  quelle est la durée d'un malus ?

Lors d’un changement d’assureur :

  • Ton nouvel assureur demande à l’ancien un relevé d’informations.
  • Ce document indique ton CRM actuel, et l’historique de tes sinistres (avec ou sans responsabilité) sur plusieurs années.
  • Le nouveau contrat démarre avec ce coefficient.

Si un assureur t’annonce un coefficient qui ne correspond pas à celui indiqué sur ton relevé d’informations, n’hésite pas à demander une vérification. Une erreur de quelques dixièmes peut vite coûter plusieurs centaines d’euros par an.

Bonus-malus et changement de véhicule

Autre question fréquente : que devient ton bonus-malus si tu changes de voiture ?

Bonne nouvelle :

  • Le bonus-malus est attaché au conducteur principal, pas à la voiture.
  • Tu gardes donc ton CRM lorsque tu changes de véhicule.

En revanche :

  • La prime de référence va, elle, changer (valeur du véhicule, puissance, usage, lieu de stationnement…).
  • Le même coefficient peut donc aboutir à une prime bien plus élevée ou plus faible selon la voiture.

Exemple :

  • Ancienne voiture : prime de référence 600 €, coefficient 0,68 → prime = 408 €.
  • Nouvelle voiture plus puissante : prime de référence 1 000 €, même coefficient 0,68 → prime = 680 €.

Le calcul du bonus-malus après résiliation ou interruption d’assurance

Si tu as une interruption de contrat (par exemple tu n’as plus de voiture pendant 2 ans), ton dernier coefficient ne disparaît pas.

Dans la pratique :

  • Ton ancien assureur conserve ton relevé d’informations pendant plusieurs années.
  • Un nouvel assureur peut te demander ce relevé pour reprendre ton CRM là où il en était.
  • Certains assureurs, au-delà d’un certain délai, peuvent te considérer comme “nouveau conducteur” et repartir sur un coefficient proche de 1,00, voire 1,00 tout court.

D’où l’intérêt, quand tu résilies un contrat, de demander systématiquement ton relevé d’informations et de le conserver.

Cas particuliers : jeune conducteur, conducteur secondaire, voiture de fonction

Le principe du bonus-malus reste le même, mais certains profils ont des particularités.

Pour un jeune conducteur :

  • Le coefficient de départ reste 1,00.
  • Mais la prime de référence est généralement plus élevée (manque d’expérience, plus de risques).
  • Les premières années sans sinistre sont donc particulièrement importantes pour faire baisser la note.

Pour un conducteur secondaire sur le contrat de ses parents (souvent en jeune conducteur) :

  • Il ne “gagne” pas directement un bonus à son nom.
  • Le bonus-malus est attaché au titulaire du contrat, pas au conducteur secondaire.
  • Au moment de prendre son propre contrat plus tard, il repartira en principe à 1,00, même s’il a conduit plusieurs années sans incident.

Pour une voiture de fonction :

  • Souvent, le contrat est au nom de l’entreprise.
  • Le bonus-malus est alors attaché à la société, pas à toi personnellement.
  • Les sinistres commis avec un véhicule pro ne se répercutent généralement pas sur ton futur contrat personnel (sauf cas spécifiques, ou fichage pour aggravation de risque selon assureurs).

Utiliser un simulateur de bonus-malus en ligne

Si tu n’as pas envie de sortir la calculette (et c’est compréhensible), les simulateurs en ligne peuvent t’aider à estimer ton bonus-malus et le prix potentiel de ton assurance.

En général, un simulateur te demande :

  • Ton coefficient actuel (si tu le connais).
  • Ton nombre d’années assurées sans sinistres responsables.
  • Le nombre d’accidents responsables ou partiellement responsables sur une période donnée.
  • Éventuellement : ton profil (jeune conducteur, conducteur expérimenté, résilié pour non-paiement, etc.).
Lire  Comparateur assurance auto malussé : comment trouver la meilleure offre quand on a un malus

Le simulateur va ensuite :

  • Reconstituer ton coefficient à une date donnée, en appliquant les règles de bonus-malus.
  • Te proposer une estimation de prime en fonction d’une prime de référence (ou via des devis auto en ligne).

Attention toutefois :

  • Un simulateur donne une estimation, pas un engagement ferme de l’assureur.
  • Chaque compagnie a sa propre manière de fixer la prime de référence (âge, lieu d’habitation, type de véhicule, usage pro ou perso, etc.).
  • Pour un prix définitif, il faut toujours aller au bout d’un devis personnalisé.

Sur un site spécialisé dans l’auto malussée, les simulateurs et comparateurs sont particulièrement utiles si tu as déjà un malus ou un historique compliqué (résiliation pour non-paiement, sinistres multiples…). Toutes les compagnies n’acceptent pas ces profils, et les écarts de prix peuvent être énormes.

Erreurs fréquentes à éviter sur le bonus-malus

Quelques points qui reviennent régulièrement dans les questions des assurés.

  • Penser que le bonus-malus se calcule “au feeling” par l’assureur : non, les règles sont fixées par le Code des assurances, même si chaque assureur garde la main sur la prime de base.
  • Confondre “années de permis” et “années d’assurance” : le bonus-malus dépend des années d’assurance, pas du nombre d’années depuis l’obtention du permis.
  • Croire que changer d’assureur remet le coefficient à zéro : ton CRM te suit partout, via le relevé d’informations.
  • Oublier de déclarer un sinistre : non seulement c’est risqué, mais l’assureur peut le découvrir et appliquer les conséquences bien plus tard, parfois au pire moment (sinistre important, litige…).
  • Imaginer que tous les sinistres donnent du malus : bris de glace, vol, incendie, catastrophes naturelles n’entraînent pas de malus.

Comment optimiser ton bonus et limiter les dégâts en cas de sinistre

Tu ne contrôles pas tout sur la route, mais tu peux quand même agir intelligemment pour protéger ton bonus.

  • Anticiper les situations à risque : dépassements, priorités, giratoires, stationnements serrés… La majorité des sinistres responsables sont des chocs à faible vitesse qu’on peut souvent éviter.
  • Ne pas multiplier les petits sinistres responsables déclarés : parfois, réparer un léger dégât à tes frais peut te coûter moins cher à long terme que des années de malus.
  • Comparer les assureurs dès que ton profil change : nouveau véhicule, déménagement, sinistre responsable… Un CRM identique ne donne pas le même tarif chez tous les assureurs.
  • Bien remplir le constat amiable : chaque case cochée peut influer sur le partage (ou non) des responsabilités et donc sur ton coefficient.
  • Surveiller ton relevé d’informations : vérifie régulièrement que les sinistres et ton CRM sont corrects. En cas d’erreur, demande une correction écrite.

Le bonus-malus est parfois vécu comme une punition, mais c’est surtout un outil qui permet de récompenser la conduite prudente sur la durée. En comprenant comment il se calcule et comment il évolue, tu reprends la main sur un élément clé du prix de ton assurance.